Sommaire
- Chaque mention et ce qu’elle garantit
- La mention « sans gluten » : 20 mg/kg
- L’épi barré : ce que le logo ajoute
- « Peut contenir des traces » et « fabriqué dans un atelier qui… »
- « Sans lactose », « sans lait », « végan » : des mentions sans seuil européen
- Les formules qui ne garantissent rien
- Ce qu’il faut faire face à une mention douteuse
La règle en bref
Deux mentions seulement reposent sur un seuil fixé par la loi : « sans gluten », au plus 20 mg de gluten par kg de produit, et « très faible teneur en gluten », au plus 100 mg/kg (règlement d’exécution (UE) n° 828/2014, appliqué depuis le 20 juillet 2016). Le logo de l’épi de blé barré garantit le même seuil de gluten résiduel, 20 mg/kg (20 ppm), avec en plus des analyses et un audit annuel contrôlés par l’AFDIAG. « Peut contenir des traces », « fabriqué dans un atelier qui… » et « sans lactose » n’ont aucun seuil légal.
- 20 mg/kg
- pour « sans gluten »
- 100 mg/kg
- pour « très faible teneur en gluten »
- 1 fois par an
- analyse et audit pour l’épi barré
- 0 seuil
- pour « peut contenir »
Sur l’emballage d’un produit sans gluten, les logos et les formules se ressemblent, mais ils n’engagent pas tous l’entreprise de la même façon. Certains renvoient à une réglementation européenne précise, d’autres à une certification privée, d’autres à rien du tout. Avant de décider si un aliment vous convient, il faut savoir dans quelle catégorie tombe l’information que vous lisez.
Chaque mention et ce qu’elle garantit
| Mention ou logo | Ce qu’elle garantit | Ce qu’elle ne garantit pas | Texte ou cahier des charges |
|---|---|---|---|
| « Sans gluten » | Au plus 20 mg/kg de gluten dans le produit vendu | L’absence totale de gluten | Règlement d’exécution (UE) n° 828/2014 |
| « Très faible teneur en gluten » | Au plus 100 mg/kg, pour un produit à base de céréales traitées pour réduire le gluten | La compatibilité avec la maladie cœliaque | Règlement d’exécution (UE) n° 828/2014 |
| Logo épi barré | Au plus 20 mg/kg de gluten résiduel, analyses et audit annuels | L’absence totale de gluten | Licence de l’Association française des intolérants au gluten, standard de l’AOECS |
| « Convient aux personnes souffrant d’une intolérance au gluten » | Accompagne l’une des deux mentions ci-dessus | Rien de plus que la mention qu’elle accompagne | Règlement d’exécution (UE) n° 828/2014 |
| « Peut contenir des traces de… » | Un risque de contamination signalé par le fabricant | Une présence, ou une absence ailleurs | Aucun seuil ; mention volontaire |
| « Fabriqué dans un atelier qui utilise… » | L’atelier manipule cet allergène | Un risque mesuré | Aucun seuil ; mention volontaire |
| « Sans lactose » | Une teneur réduite, selon le fabricant | L’absence de protéines de lait | Aucun seuil européen |
| « Naturellement sans gluten » | Aucune garantie de teneur | L’absence de contamination | Aucun texte qui la définisse |
| « Sans allergènes » | Rien de vérifiable | L’absence des 14 allergènes | Aucun texte qui la définisse |
La règle d’utilisation de ce tableau est simple : une mention adossée à un seuil se croit sur parole, une mention volontaire se lit comme un avertissement, et une formule sans texte ne remplace jamais la liste des ingrédients.
La mention « sans gluten » : 20 mg/kg
Depuis le 20 juillet 2016, tout étiquetage sur l’absence ou la faible présence de gluten dans un produit alimentaire passe obligatoirement par l’une des deux mentions fixées par le règlement d’exécution (UE) n° 828/2014 du 30 juillet 2014, consultable sur EUR-Lex. Le fabricant ne peut pas inventer sa propre formule sans gluten : une formule maison comme « 0 % gluten » n’est pas autorisée.
La mention « sans gluten » ne peut être utilisée que lorsque la teneur en gluten des denrées alimentaires telles que vendues au consommateur final ne dépasse pas 20 mg/kg.
La seconde mention, « très faible teneur en gluten », est réservée aux produits qui contiennent des ingrédients de blé, de seigle, d’orge ou d’avoine spécialement traités pour réduire leur gluten, avec un plafond de 100 mg/kg. L’AFDIAG rappelle que ce niveau ne convient pas aux personnes atteintes de maladie cœliaque.
L’avoine a sa règle propre : pour figurer dans un produit « sans gluten », elle doit avoir été produite et transformée de façon à éviter toute contamination par le blé, le seigle ou l’orge, et sa teneur en gluten ne doit pas dépasser 20 mg/kg. Sur le produit fini, les deux mentions peuvent être accompagnées de « convient aux personnes souffrant d’une intolérance au gluten » ou « convient aux cœliaques ».
L’épi barré : ce que le logo ajoute
Le logo de l’épi de blé barré est une marque déposée, référence en France pour les produits sans gluten, régie par l’association européenne des sociétés de cœliaques (AOECS) ; en France, c’est l’AFDIAG (Association française des intolérants au gluten) qui en accorde l’usage sous licence. Nous le décrivons sans le reproduire : un épi de blé barré, accompagné d’un code du type FR_YYY_ZZZ qui identifie le pays, la licence et le produit, complété par la mention OATS quand le produit contient de l’avoine.
Le seuil est le même que celui de la mention sans gluten réglementaire, 20 mg/kg de gluten dans le produit fini. Ce qui change, ce sont les contrôles, et l’engagement que l’entreprise signe avant d’apposer le logo.
Mention « sans gluten »
- Seuil de 20 mg/kg fixé par le règlement
- Aucun contrôle régulier obligatoire
- Le fabricant prouve la teneur en cas de contrôle officiel
- Librement utilisable par tout fabricant
Logo de l’épi barré
- Même seuil de 20 mg/kg
- Analyse de chaque produit par un laboratoire indépendant accrédité, transmise chaque année
- Audit annuel du site de fabrication au standard de l’AOECS
- Contrat de licence avec l’AFDIAG
Ce qu’il faut retenir : un produit portant le logo épi barré ne contient pas « moins de gluten » qu’un produit portant la mention sans gluten ; le symbole signifie que le produit a été vérifié par un organisme indépendant. Pour une personne atteinte de maladie cœliaque, c’est la différence entre une déclaration et une preuve. Le logo ne dit en revanche rien du remboursement : seuls les produits inscrits à la liste de l’Assurance maladie, repérables à leur vignette, ouvrent droit au remboursement des produits sans gluten.
« Peut contenir des traces » et « fabriqué dans un atelier qui… »
Ces mentions dites de précaution ne sont prévues par aucun seuil de la réglementation européenne ou française. Le fabricant les appose de sa propre initiative quand il ne peut pas exclure une contamination fortuite, par une ligne de fabrication partagée par exemple. La DGCCRF les considère comme un dernier recours : l’industriel doit d’abord évaluer le risque et tout faire pour le réduire.

Deux conséquences pour le lecteur. Leur présence ne dit pas combien d’allergène le produit contient, ni même s’il en contient. Leur absence ne prouve pas qu’il n’en contient pas. Ce qu’il faut faire de ces mentions (éviter strictement ou non) dépend de chaque personne et se décide avec le médecin ou l’allergologue.
« Sans lactose », « sans lait », « végan » : des mentions sans seuil européen
Aucun texte européen ne fixe de teneur maximale pour « sans lactose ». Les fabricants indiquent souvent un chiffre à côté de la mention, à lire sur l’emballage. Surtout, « sans lactose » ne veut pas dire « sans lait » : un lait délactosé garde toutes les protéines du lait et ne convient pas à une personne allergique au lait.

« Sans lait » et « végan » ne reposent pas non plus sur une norme européenne ; les logos végans sont des labels privés. Pour un allergique, seule la liste des ingrédients, où le lait doit être mis en évidence, fait foi.
Les formules qui ne garantissent rien
« Naturellement sans gluten » décrit un aliment dont la recette ne contient ni blé ni autre céréale à gluten (riz, légumes, viande, voir notre tableau des aliments sans gluten rayon par rayon), mais ne dit rien d’une contamination pendant la fabrication. « Sans allergènes » ne correspond à aucune définition : aucun texte ne fixe ce qu’elle couvre. Quant aux pictogrammes propres à une enseigne ou à une marque, ils ne valent que ce que dit leur cahier des charges, rarement publié.
Ce qu’il faut faire face à une mention douteuse
- Lisez la liste des ingrédients : les 14 allergènes doivent y être mis en évidence, dont les céréales contenant du gluten (blé, seigle, orge, avoine), quelle que soit la mention du devant.
- Contactez le fabricant : son service consommateurs doit pouvoir dire ce que recouvre une mention de précaution.
- Signalez une mention qui vous paraît trompeuse sur SignalConso, le service public de signalement de la DGCCRF.
Les règles d’étiquetage des 14 allergènes et leurs noms cachés sont détaillés dans l’index des allergies alimentaires.
Sources
- Règlement d'exécution (UE) n° 828/2014, annexe : mentions « sans gluten » et « très faible teneur en gluten », legislation.gov.uk (texte du règlement).
- Logo « épi barré », AFDIAG.
- Description du logo « épi barré », AFDIAG (espace professionnel).
- Allergènes alimentaires, Santé.fr, fiche reprise de la DGCCRF.
- Quels allergènes doivent être mentionnés sur un produit alimentaire ?, Service-public.fr (Entreprendre).
Sources consultées le 3 novembre 2026.